Installations
Corps Allongé
À la suite de plusieurs performances où l’enjeu de l’enfermement très restreint et de l’attente sont de mise, j’ai découvert un tableau : Le Christ au tombeau de Holbein le Jeune. Ce tableau m’est resté à l’esprit un bon moment. Ses dimensions sont très particulières : deux mètres de long sur seulement trente centimètres de haut. Le Christ apparaît sous les traits d’un cadavre allongé, maigre, verdâtre, les yeux révulsés, la bouche ouverte.
Le réalisme de ce tableau peint en 1522 a beaucoup choqué. L’écrivain russe Fedor Dostoïevski, dans son roman L’Idiot, retranscrit son sentiment à travers les paroles de son personnage Mychkine : « Mais, ce tableau, il serait capable de vous faire perdre la foi ! ». Le Christ uniquement représenté par ses souffrances.
« La représentation sans fard de la mort humaine, la mise à nu quasi anatomique du cadavre, communique aux spectateurs une angoisse insupportable devant la mort de Dieu, confondue ici avec notre propre mort, tant est absente la moindre suggestion de transcendance. » écrit Julia Kristeva dans Soleil Noir, Dépression et Mélancolie.
Le regardeur voit la mort du Christ, non plus le fils de Dieu mais celle de l’homme, sa propre mort. Une manière de voir l’humanité à distance.